mercredi 20 avril 2011

Vague à l'âme

Comme une lame de fond une main anonyme vient encercler mon coeur et le serrer comme un gadget anti-stress.
L'angoisse, le vide, l'inconnu, cette sensation qui me fait paniquer en hauteur pour cause de vertige refait surface et extrait de mes yeux grands ouverts quelques gouttes d'eau salée.
Je devrais dormir à poings fermés comme celui qui est couché dans mon dos et dont la respiration forte et tranquille rythme le silence. Ou m'endormir, commencer à sombrer dans cet état cotonneux semi-conscient où tout paraît plus calme, plus serein, plus facile et dans lequel les rêves les plus fous reprennent leurs droits et te font vivre des choses improbables, tant affreuses que magnifiques...

Et je n'y arrive pas.
Je fixe sous le store la lumière allumée de l'autre côté de la rue alors que je n'arrive pas à endiguer le flot de questions qui vienennt envahir ma tête et mon coeur.

Qu'est ce que je fais ?

Sommes-nous réellement maîtres de notre propre vie ?

Les gens sont-ils destinés les uns aux autres ou les rencontres sont-elles le fruit du hasard ?

Ceux avec lesquels on a vécu des moments forts, des instants engagés, passionnés, fous, sont-ils nos homards ?

La théorie du homard (selon un ami à moi) est un truc qui réveille et fait vibrer ton côté fleur bleue mais peut aussi t'enterrer six pieds sous terre si jamais ton homard s'est fait la belle avec une autre écrevisse...

Donc selon cette théorie, le homard n'a au cours de sa vie qu'un seul compagnon.
Et j'y ai cru au homard, j'ai eu foi en lui, je m'en suis étourdie lorsque cela allait mal...
Mais maintenant retour de boomerang :
Je me demande si lui aussi a son homard quelque part, et si oui, ce n'est surement pas moi.
Malheureusement...

Et ça réenclenche de plus belle la machine à cogiter qui se trouve dans ma tête.
Le sommeil a finalement vaincu à un moment ou un autre.
Mais ce matin dans le train, après un contrôle d'identité j'ai un goût amer dans la bouche et une fêlure dans le coeur...

jeudi 14 avril 2011

I just don't know what to do with myself

Pfff !
un jeudi passé à attendre une réunion qui n'arrive jamais, je tente de régler des problèmes latents, d'expliquer mes points de vue professionnels à mon N+2 qui nous a zappé dans l'élaboration d'un projet qui  me tenait vraiment à coeur.
La vague impression de perdre mon temps...

Dans ma vie, des tonnes de projets plus ou moins réalistes, des idées qui fourmillent, des chantiers entamés et encore en chantier, des désirs pas encore satisfaits, des rêves un peu utopistes...
et toujours cette impression de ne pas savoir.

De ne pas savoir finalement ce que je veux vraiment (en dehors du beurre, de l'argent du beurre et du cul de la crémière, of course !)

C'était plus facile avant (c'est toujours mieux avant d'ailleurs ! good old times, le siècle dernier, tout ça)
Petite, je savais exactement ce que je voulais devenir une fois grande : médecin légiste. !
Retrouver à partir d'un corps ce qui lui est arrivé dans la vie, dans la mort, son histoire.
Et je suis tombée sur les photos d'une opération à coeur ouvert dans un Paris Match de ma grand-mère (merci Grand-maman Suzy).
Et la vue de cet intérieur sanguinolent m'a écoeurée et découragée (et a surement du inconsciemment agir sur mon dégoût futur de la viande).

Et là un peu moins d'une trentaine d'années plus tard, je ne suis plus sûre de rien.

De médecin légiste en herbe, je suis devenue bibliothécaire (aigrie parfois), plus ou moins à l'aise dans ses baskets professionnelles.
Mon boulot me plaît, le cadre administratif moins.
Où j'habite ?
Dans un chouette appart en ville, mais sans jardin.
Et là cet été, je pense que je vais souffrir sans verdure.

Rien ne me retient ici, ni mon travail, ni mon appart.
Je tente de me détacher des choses matérielles tellement j'ai galéré et souffert en faisant mes cartons cet été.

Et personnellement, je ne sais pas non plus si je pense pour moi ou pour nous.
Si je décide pour moi ou si on envisage pour nous
suis-je une seule ou sommes-nous un couple ?

Et viendra le temps des décisions
viendra le temps des choix
et des remises en question
et ça me semble loin, si loin...
Et pourtant si proche et imminent.


C'était quand même mieux quand j'avais dix ans...

mardi 12 avril 2011

A social addiction

bientôt 5 jours pleins que j'ai désactivé mon compte Facebook...
Pourquoi ce suicide social ?
parce que c'est chronophage à souhait (tu restes connecté en permanence à regarder les statuts ou liens des gens, à rentrer dans leur vie -plus si- privée que ça)
parce que c'est finalement vain (à quoi ça sert d'avoir des amis par procuration ? et d'ailleurs ce terme "amis" n'est-il pas totalement erroné ? )
parce que les gens que je veux garder en amis, en vrais amis, j'ai d'autre moyens de communiquer avec eux (msn, mails, courriers, téléphone ou rencontre)

et bilan ?
entre ceux qui sont persuadés que je les ai virés sans les prévenir (parano style) sans même s'interroger et ceux à qui je ne manque finalement pas tant que ça, je ne m'en porte pas plus mal...
J'avoue, au début, c'était dur de ne pas cliquer sur le favori dans ma barre des taches perso et de rentrer ce mot de passe que mes doigts connaissent par coeur ou de me connecter au boulot pour parler à d'autres, qui ne sont pas mes collègues.

Mais finalement ce vide (car il y a une étrange sensation de vide face à ton écran, à se demander si la terre tourne quand même...) est dérangeant au départ, mais te rend plus serein, même si tu en deviens totalement désoeuvrée et demande à l'homme si tu as raté quelque chose dans le monde depuis tes 4 jours de non connection...
Quand tu as une musique en tête, ton premier réflexe ? youtube ou deezer et hop je ctrl+C/ctrl+V l'url dans mon statut et fais partager mon humeur à la terre entière !
Quand tu as eu une journée un peu merdique comme la mienne, tu as envie de déverser le trop plein (bouchons, voitures qui fuient et autres chefs qui font nimp) dans un statut vengeur, dénonciateur et finalement salvateur pour toi.
Quand tu n'as pas trop le moral, voir que les autres vont plus mal que toi, ça te fait pousser un soupir de soulagement (ouf ! y a pire ! ou l'art de relativiser...)
Bon soyons honnête, je tente de tenir une semaine (ce qui sera déjà pas mal), en espérant que ça me serve de leçon et je réactiverai mon compte et me rouvrirai à la Terre entière en rattrapant le temps perdu à coup de "j'aime/j'aime pas"

vendredi 8 avril 2011

Le coeur à l'envers

encore une fois, j'ai fait n'importe quoi...
J'ai ouvert la boîte de Pandore.
Pas volontairement, plutôt d'un clic de souris maladroit, dans la logique des choses
Et là j'ai touché à quelque chose qui ne m'appartient pas
Qui n'appartient qu'à lui
et peut-être à la destinataire de ces messages
et c'était tellement beau que mes larmes ont coulé
Pas de jalousie ou possessivité
Mais plutôt parce que personne ne m'a jamais dédié des choses aussi belles
Des déclarations, avec des souvenirs ("rappelle-toi Barbara" disait Prévert),
des envies,
des aspirations,
des regrets,
des aveux,
des rêves

Et je n'attends pas la même chose de lui, il ne pourra pas me le donner, je ne suis pas elle, je suis moi
Et je ne peux être qu'émue devant ce qui se déroulait sous mes yeux
On a tous un passé, des heurs et des heurts qui font qui nous sommes aujourd'hui
Et pourtant j'ai lu des choses qui ne me sont pas destinée et je m'en veux
Je m'en veux parce que ce n'était pas pour moi
Je m'en veux parce qu'il ne pensait pas à moi
Je m'en veux parce que je suis sur une autre page de son livre... laquelle ? je ne sais pas
Je m'en veux parce que je suis perdue, ça me bouffe et me donne envie de vomir et me fait monter des larmes aux yeux en même temps

J'ai fait remonter des choses en lui qu'il voulait enfouir et j'ai l'impression de m'être plombée moi-même.
Comme un footballeur qui marque contre son camp.
Et je suis perdue...

Je ne sais plus comment réagir après cela
Pandore avait refermé la boîte vite vite et l'espoir était resté coincé au fond...
Est-ce que ça nous arrivera aussi ?
Est-ce que j'ai gâché quelque chose ?

On ne s'est rien promis, à part d'être honnête l'un envers l'autres, mais elle c'est un sujet dont il parle peu

Je ne sais pas quelle place elle garde pour lui, 
je ne sais pas qui je suis pour lui
et je doute qu'il le sache
donc ça restera un sujet qu'on n'abordera plus
quelque chose qu'il gardera en lui
et moi je resterai avec ma gêne sans savoir où est ma place

Reste à espérer que l'espoir n'est pas resté au fond de la boîte
et que ce livre aura une suite heureuse
pour lui d'abord, le héros de sa propre histoire, de sa propre vie.
Et si je ne dois plus en faire partie, 
si le grand scénariste décide de m'éliminer d'un coup de stylo bic
ou de me remplacer par une autre actrice
celle qui jouait mon rôle avant
ou une nouvelle

et bien je ne pourrai en vouloir qu'à moi-même
et à ce clic involontaire qui aura signé la fin de ma participation au roman de sa vie...

jeudi 7 avril 2011

Mais qu'est ce que j'ai fait pendant toutes ces années ?!?

Parfois je me sens con...
Tu sais, ce sentiment d'avoir raté quelque chose dans sa vie...

Oh, rien de grave, juste des connaissances qui manquent, des événements que l'on n'a pas vécus, des groupes dont on n'a jamais entendu une note, des auteurs qui n'évoquent qu'une couverture de Folio (ou 10/18, c'est selon), et d'autres choses comme ça.
Je ne parle pas de la mode (le taupe est paraît-il le nouveau grège) ou du must have (diktat des magazines, autres médias ou pseudo prescripteurs), mais plutôt des gens que tu rencontrent, de plus ou moins près, qui sont tous de ta génération et qui ont vécu les choses autrement que toi.

Sans faire pleurer dans les chaumières, mon adolescence a été campagnarde (un bus le matin, un bus le soir, des parents pas très portés sur le transportage de leurs enfants, le permis - enfin !-  à 20 ans passés, etc.), laborieuse (j'ai commencé à travailler comme beaucoup à 16 ans, pendant l'été, sauf qu'à partir de 18 ans  j'ai fait ça tous les samedis et petites vacances), puis assez vite en couple.
Tout ceci fait en sorte que j'ai l'impression de ne pas avoir été en concert (ou aux "bons"concerts ?), de ne pas être partie en vacances avec les potes, etc.

Ca va me frapper encore plus lorsque j'irai faire ma visite mensuelle chez mon disquaire de coeur tout à l'heure.
Je vais arriver dans une boutique pleine à craquer de vinyls, dont les noms me diront peut-être quelque chose mais je me sentirai perdue parce que je ne connais pas.

Et j'en ressortirai comme d'habitude partagée entre le désespoir de ne pas avoir suffisamment d'une vie pour tout découvrir, la mélancolie qui m'étreint quand je jette un regard en arrière sur ma vie passée en me demandant ce que j'ai fait et un sourire aux lèvres en pensant à tout ce qu'il me reste à faire (et peut-être à rayer de ma to-do list)


Ami, si tu me lis, garde donc dans un coin de ta tête que je n'ai jamais fait de bowling, ni de karting, ni même d'auto-tamponneuses, 
que je rêve de prendre la voiture un matin en sortant de chez moi et de tracer, sans savoir où je vais et me laisser surprendre par la journée qui s'ensuivra, 
que si je devais partir en vacances quelque part ce serait aux Pays-Bas, Belgique, Danemark ou autre Islande, 
mais que prendre mon vélo, un pique-nique (avec du hoummos, un véritable piège ;-) ) dans mon panier, une piste cyclable plate et une journée ensoleillée devant moi, le tout en charmante compagnie, et tu me rendras déjà pas mal heureuse....

06/04/2011