mercredi 7 septembre 2011

en avoir ? ou pas !?!

Pas de posts depuis un bon bout de temps, c'est plutôt bon signe...
enfin je pense vue la teneur lamentative de ce blog

ce matin, coup de fil au gynéco pour faire la visite annuelle de contrôle, que toute jeune fille (ou moins jeune, note) se doit de faire. 
Rendez-vous est pris et ça y est, l'interrogation commence....

l'année prochaine j'aurai 35 ans, ce qui fait au moins 15 ans de pilule contraceptive dans ma vie...

Et la question de la procréation me saute aux yeux, au coeur et aux lèvres....

mais comment mettre le sujet sur le tapis ? 

Comment parler d'un truc pour lequel moi-même je n'ai pas de réponse établie, mais des envies fluctuantes ?

Comment lui dire que j'ai déjà arrêté la pilule lors d'une de mes relations précédentes mais que l'autre moitié du couple refusait de me toucher sans capote, "tu comprends, on sait jamais, "l'accident"...." ?

Comment aborder le sujet qui a entre autre contribué à ruiner et démolir mon couple d'avant, tellement il a mis du temps à reconnaître qu'il ne voulait pas d'enfant (quasi 8 ans) ?

Comment parler de ce sujet qui me tient à coeur mais me transit de peur en même temps ?

Comment dire ce qu'il voit de ses propres yeux, l'émotion à la naissance des enfants de mes amis et de ma famille proches ?

Comment avouer que j'ai peur de ce que ça peut changer l'arrivée d'un autre au sein d'un couple ?

Comment lui dire qu'on a encore pleins de choses à vivre et expérimenter à deux mais que ce n'est jamais vraiment le bon moment ?

Comment confesser que j'ai peur que ça ne marche pas chez moi que je pense intimement (et je ne sais pas pourquoi) que quelque chose déconne à l'intérieur ?

Comment partager quelque chose d'aussi intime avec quelqu'un dont on ne sait pas quels sont les envies et les désirs à ce propos ?

Comment raconter honnêtement et sans rougir ou pleurer que ce que je voudrais vraiment c'est laisser faire ? La nature, la vie, le temps ?

Putain, la vie c'est quand même sacrément compliqué...

mercredi 20 avril 2011

Vague à l'âme

Comme une lame de fond une main anonyme vient encercler mon coeur et le serrer comme un gadget anti-stress.
L'angoisse, le vide, l'inconnu, cette sensation qui me fait paniquer en hauteur pour cause de vertige refait surface et extrait de mes yeux grands ouverts quelques gouttes d'eau salée.
Je devrais dormir à poings fermés comme celui qui est couché dans mon dos et dont la respiration forte et tranquille rythme le silence. Ou m'endormir, commencer à sombrer dans cet état cotonneux semi-conscient où tout paraît plus calme, plus serein, plus facile et dans lequel les rêves les plus fous reprennent leurs droits et te font vivre des choses improbables, tant affreuses que magnifiques...

Et je n'y arrive pas.
Je fixe sous le store la lumière allumée de l'autre côté de la rue alors que je n'arrive pas à endiguer le flot de questions qui vienennt envahir ma tête et mon coeur.

Qu'est ce que je fais ?

Sommes-nous réellement maîtres de notre propre vie ?

Les gens sont-ils destinés les uns aux autres ou les rencontres sont-elles le fruit du hasard ?

Ceux avec lesquels on a vécu des moments forts, des instants engagés, passionnés, fous, sont-ils nos homards ?

La théorie du homard (selon un ami à moi) est un truc qui réveille et fait vibrer ton côté fleur bleue mais peut aussi t'enterrer six pieds sous terre si jamais ton homard s'est fait la belle avec une autre écrevisse...

Donc selon cette théorie, le homard n'a au cours de sa vie qu'un seul compagnon.
Et j'y ai cru au homard, j'ai eu foi en lui, je m'en suis étourdie lorsque cela allait mal...
Mais maintenant retour de boomerang :
Je me demande si lui aussi a son homard quelque part, et si oui, ce n'est surement pas moi.
Malheureusement...

Et ça réenclenche de plus belle la machine à cogiter qui se trouve dans ma tête.
Le sommeil a finalement vaincu à un moment ou un autre.
Mais ce matin dans le train, après un contrôle d'identité j'ai un goût amer dans la bouche et une fêlure dans le coeur...

jeudi 14 avril 2011

I just don't know what to do with myself

Pfff !
un jeudi passé à attendre une réunion qui n'arrive jamais, je tente de régler des problèmes latents, d'expliquer mes points de vue professionnels à mon N+2 qui nous a zappé dans l'élaboration d'un projet qui  me tenait vraiment à coeur.
La vague impression de perdre mon temps...

Dans ma vie, des tonnes de projets plus ou moins réalistes, des idées qui fourmillent, des chantiers entamés et encore en chantier, des désirs pas encore satisfaits, des rêves un peu utopistes...
et toujours cette impression de ne pas savoir.

De ne pas savoir finalement ce que je veux vraiment (en dehors du beurre, de l'argent du beurre et du cul de la crémière, of course !)

C'était plus facile avant (c'est toujours mieux avant d'ailleurs ! good old times, le siècle dernier, tout ça)
Petite, je savais exactement ce que je voulais devenir une fois grande : médecin légiste. !
Retrouver à partir d'un corps ce qui lui est arrivé dans la vie, dans la mort, son histoire.
Et je suis tombée sur les photos d'une opération à coeur ouvert dans un Paris Match de ma grand-mère (merci Grand-maman Suzy).
Et la vue de cet intérieur sanguinolent m'a écoeurée et découragée (et a surement du inconsciemment agir sur mon dégoût futur de la viande).

Et là un peu moins d'une trentaine d'années plus tard, je ne suis plus sûre de rien.

De médecin légiste en herbe, je suis devenue bibliothécaire (aigrie parfois), plus ou moins à l'aise dans ses baskets professionnelles.
Mon boulot me plaît, le cadre administratif moins.
Où j'habite ?
Dans un chouette appart en ville, mais sans jardin.
Et là cet été, je pense que je vais souffrir sans verdure.

Rien ne me retient ici, ni mon travail, ni mon appart.
Je tente de me détacher des choses matérielles tellement j'ai galéré et souffert en faisant mes cartons cet été.

Et personnellement, je ne sais pas non plus si je pense pour moi ou pour nous.
Si je décide pour moi ou si on envisage pour nous
suis-je une seule ou sommes-nous un couple ?

Et viendra le temps des décisions
viendra le temps des choix
et des remises en question
et ça me semble loin, si loin...
Et pourtant si proche et imminent.


C'était quand même mieux quand j'avais dix ans...

mardi 12 avril 2011

A social addiction

bientôt 5 jours pleins que j'ai désactivé mon compte Facebook...
Pourquoi ce suicide social ?
parce que c'est chronophage à souhait (tu restes connecté en permanence à regarder les statuts ou liens des gens, à rentrer dans leur vie -plus si- privée que ça)
parce que c'est finalement vain (à quoi ça sert d'avoir des amis par procuration ? et d'ailleurs ce terme "amis" n'est-il pas totalement erroné ? )
parce que les gens que je veux garder en amis, en vrais amis, j'ai d'autre moyens de communiquer avec eux (msn, mails, courriers, téléphone ou rencontre)

et bilan ?
entre ceux qui sont persuadés que je les ai virés sans les prévenir (parano style) sans même s'interroger et ceux à qui je ne manque finalement pas tant que ça, je ne m'en porte pas plus mal...
J'avoue, au début, c'était dur de ne pas cliquer sur le favori dans ma barre des taches perso et de rentrer ce mot de passe que mes doigts connaissent par coeur ou de me connecter au boulot pour parler à d'autres, qui ne sont pas mes collègues.

Mais finalement ce vide (car il y a une étrange sensation de vide face à ton écran, à se demander si la terre tourne quand même...) est dérangeant au départ, mais te rend plus serein, même si tu en deviens totalement désoeuvrée et demande à l'homme si tu as raté quelque chose dans le monde depuis tes 4 jours de non connection...
Quand tu as une musique en tête, ton premier réflexe ? youtube ou deezer et hop je ctrl+C/ctrl+V l'url dans mon statut et fais partager mon humeur à la terre entière !
Quand tu as eu une journée un peu merdique comme la mienne, tu as envie de déverser le trop plein (bouchons, voitures qui fuient et autres chefs qui font nimp) dans un statut vengeur, dénonciateur et finalement salvateur pour toi.
Quand tu n'as pas trop le moral, voir que les autres vont plus mal que toi, ça te fait pousser un soupir de soulagement (ouf ! y a pire ! ou l'art de relativiser...)
Bon soyons honnête, je tente de tenir une semaine (ce qui sera déjà pas mal), en espérant que ça me serve de leçon et je réactiverai mon compte et me rouvrirai à la Terre entière en rattrapant le temps perdu à coup de "j'aime/j'aime pas"

vendredi 8 avril 2011

Le coeur à l'envers

encore une fois, j'ai fait n'importe quoi...
J'ai ouvert la boîte de Pandore.
Pas volontairement, plutôt d'un clic de souris maladroit, dans la logique des choses
Et là j'ai touché à quelque chose qui ne m'appartient pas
Qui n'appartient qu'à lui
et peut-être à la destinataire de ces messages
et c'était tellement beau que mes larmes ont coulé
Pas de jalousie ou possessivité
Mais plutôt parce que personne ne m'a jamais dédié des choses aussi belles
Des déclarations, avec des souvenirs ("rappelle-toi Barbara" disait Prévert),
des envies,
des aspirations,
des regrets,
des aveux,
des rêves

Et je n'attends pas la même chose de lui, il ne pourra pas me le donner, je ne suis pas elle, je suis moi
Et je ne peux être qu'émue devant ce qui se déroulait sous mes yeux
On a tous un passé, des heurs et des heurts qui font qui nous sommes aujourd'hui
Et pourtant j'ai lu des choses qui ne me sont pas destinée et je m'en veux
Je m'en veux parce que ce n'était pas pour moi
Je m'en veux parce qu'il ne pensait pas à moi
Je m'en veux parce que je suis sur une autre page de son livre... laquelle ? je ne sais pas
Je m'en veux parce que je suis perdue, ça me bouffe et me donne envie de vomir et me fait monter des larmes aux yeux en même temps

J'ai fait remonter des choses en lui qu'il voulait enfouir et j'ai l'impression de m'être plombée moi-même.
Comme un footballeur qui marque contre son camp.
Et je suis perdue...

Je ne sais plus comment réagir après cela
Pandore avait refermé la boîte vite vite et l'espoir était resté coincé au fond...
Est-ce que ça nous arrivera aussi ?
Est-ce que j'ai gâché quelque chose ?

On ne s'est rien promis, à part d'être honnête l'un envers l'autres, mais elle c'est un sujet dont il parle peu

Je ne sais pas quelle place elle garde pour lui, 
je ne sais pas qui je suis pour lui
et je doute qu'il le sache
donc ça restera un sujet qu'on n'abordera plus
quelque chose qu'il gardera en lui
et moi je resterai avec ma gêne sans savoir où est ma place

Reste à espérer que l'espoir n'est pas resté au fond de la boîte
et que ce livre aura une suite heureuse
pour lui d'abord, le héros de sa propre histoire, de sa propre vie.
Et si je ne dois plus en faire partie, 
si le grand scénariste décide de m'éliminer d'un coup de stylo bic
ou de me remplacer par une autre actrice
celle qui jouait mon rôle avant
ou une nouvelle

et bien je ne pourrai en vouloir qu'à moi-même
et à ce clic involontaire qui aura signé la fin de ma participation au roman de sa vie...

jeudi 7 avril 2011

Mais qu'est ce que j'ai fait pendant toutes ces années ?!?

Parfois je me sens con...
Tu sais, ce sentiment d'avoir raté quelque chose dans sa vie...

Oh, rien de grave, juste des connaissances qui manquent, des événements que l'on n'a pas vécus, des groupes dont on n'a jamais entendu une note, des auteurs qui n'évoquent qu'une couverture de Folio (ou 10/18, c'est selon), et d'autres choses comme ça.
Je ne parle pas de la mode (le taupe est paraît-il le nouveau grège) ou du must have (diktat des magazines, autres médias ou pseudo prescripteurs), mais plutôt des gens que tu rencontrent, de plus ou moins près, qui sont tous de ta génération et qui ont vécu les choses autrement que toi.

Sans faire pleurer dans les chaumières, mon adolescence a été campagnarde (un bus le matin, un bus le soir, des parents pas très portés sur le transportage de leurs enfants, le permis - enfin !-  à 20 ans passés, etc.), laborieuse (j'ai commencé à travailler comme beaucoup à 16 ans, pendant l'été, sauf qu'à partir de 18 ans  j'ai fait ça tous les samedis et petites vacances), puis assez vite en couple.
Tout ceci fait en sorte que j'ai l'impression de ne pas avoir été en concert (ou aux "bons"concerts ?), de ne pas être partie en vacances avec les potes, etc.

Ca va me frapper encore plus lorsque j'irai faire ma visite mensuelle chez mon disquaire de coeur tout à l'heure.
Je vais arriver dans une boutique pleine à craquer de vinyls, dont les noms me diront peut-être quelque chose mais je me sentirai perdue parce que je ne connais pas.

Et j'en ressortirai comme d'habitude partagée entre le désespoir de ne pas avoir suffisamment d'une vie pour tout découvrir, la mélancolie qui m'étreint quand je jette un regard en arrière sur ma vie passée en me demandant ce que j'ai fait et un sourire aux lèvres en pensant à tout ce qu'il me reste à faire (et peut-être à rayer de ma to-do list)


Ami, si tu me lis, garde donc dans un coin de ta tête que je n'ai jamais fait de bowling, ni de karting, ni même d'auto-tamponneuses, 
que je rêve de prendre la voiture un matin en sortant de chez moi et de tracer, sans savoir où je vais et me laisser surprendre par la journée qui s'ensuivra, 
que si je devais partir en vacances quelque part ce serait aux Pays-Bas, Belgique, Danemark ou autre Islande, 
mais que prendre mon vélo, un pique-nique (avec du hoummos, un véritable piège ;-) ) dans mon panier, une piste cyclable plate et une journée ensoleillée devant moi, le tout en charmante compagnie, et tu me rendras déjà pas mal heureuse....

06/04/2011

lundi 21 mars 2011

Wer die Wahl hat hat die Qual

ce magnifique proverbe teuton résume exactement ce qui est entrain de me tomber sur la gueule...
Le choix ! Et toujours la panique de se demander si on a fait le bon (même si perdure toujours la question de savoir s'il y a un bon choix... )

Bref, dans ma vie tout à fait passionnante, il y a mon boulot et ma vie privée (on ne va pas en parler ici, quoique...), la nouvelle, celle que j'ai décidé de m'offrir en 2011 en la faisant passer avant le reste.

Pour l'instant, ça marche pas super bien... mon boulot me bouffe toute mon énergie, moi qui avais si fièrement arrêté de fumer il y a 6 mois j'ai lamentablement recommencé pour ne pas pourrir ceux qui habitent avec moi avec mon stress permanent en rentrant du taf le soir.

J'ai donc cherché des solutions pour retrouver un certain équilibre...
sur le papier ? Facile ! Y en a plusieurs :

REPONSE A : déménager et me rapprocher du boulot (ce qui veut dire moins de temps perdu dans les transports, de gestion d'emploi du temps pour moi et mon collègue qui subit mes retards permanents de train), une maison (un jardin, youpi ! À moi le potager en été et les vautrages dans l'herbe au soleil avec l'office de BD)

REPONSE B : changer de boulot en en trouvant un sur place et rester dans mon super chouette appart, continuer de profiter du vélo pour aller au ciné en VO à n'importe quelle heure, aux concerts de façon inopinée, les balades le long du Rhin, et autres joyeusetés citadines

REPONSE C : passer à temps partiel pour limiter les trajets, moins de boulot et plus de temps pour moi, pour dépoussiérer ma machine à coudre par exemple ou écrire plus...

REPONSE D : la réponse D


J'ai testé, étudié, réfléchi, paniqué, pleuré, un peu tout à la fois en fait.
Et j'ai répondu à une annonce (réponse B), en espérant pas grand chose...

et jusqu'à ce midi, tout était encore flou, tout était possible, les changements virtuels les plus fous, les plans sur la comète...
Vers 13h, coup de fil des RH de l'annonce en question : j'ai un entretien à passer !

Et depuis c'est l'horreur ! Tout tourneboule dans ma tête : où vais-je ? Qui suis-je ? Dans quel état j'erre ?

Et je vais devoir faire un choix, pas forcément le meilleur, mais le moins pire, faire des listes de pour et de contre et voir ce que je mets en avant dans ma putain de vie (qui s'arrête normalement je vous le rappelle à la fin du monde le 21/06/2012...).
Et le proverbe germanique se vérifie une fois de plus... Celui qui a le choix gagne la torture....

Résultat des courses le mois prochain

LISTE DES ODEURS QUE J'ADORE :
une allumette fraîchement éteinte
la lessive de ma grand-mère (que je retrouve au bas d'un immeuble dans la rue d'à côté)
la pluie sur le macadam lorsque les gouttes commencent juste à tomber

BO : Die princess die

mercredi 2 mars 2011

KINOKRONIK #2

Encore un film vu, vu et revu, au point d’en user la bande de la cassette vidéo (dans lesquelles passait tout mon argent de poche).
A l’époque (la Belle époque, le bon vieux temps, good old times !), j’attendais avec impatience le programme de Canal+ (damned ! Ai-je donc été une bourgeoise avant l’heure ? mes parents ont eu Canal dès 1986. Dans un patelin de même pas 450 habitants, ça fait jaser… Bon, moins si on découvre que mon père a fait le forcing, non pas pour le foot, mais pour le film porno du 1er samedi du mois… Mais ceci est une autre histoire…).
Programme sur l’emballage duquel était noté le code à rentrer sur le décodeur (ma mère étant une quiche avec tout ce qui est technologique , depuis le fer à repasser jusqu’au camescope en passant par la cafetière et la tondeuse, c’est à mon frangin et à moi que revenait la tâche de rentrer le code à chaque début de mois) pour faire mes plannings d’enregistrement, en VO si possible (mais plus en français pour malentendants… Fait une fois pour Braveheart. Au bout de 15 minutes je n’en pouvais plus des interjections « rires » et des couleurs différentes et je n’ai jamais retenté de voir le film depuis) pour ne pas gêner le pater familias si l’envie subite le prenait de voir un film sur le magnétoscope.

J’attendais donc de récupérer ce programme pour découper amoureusement les images du film (avec du bol, y en avait devant, derrière et à l’intérieur du mag) et les coller sur mon boîtier carton de K7 vidéo afin de la ranger précieusement dans mes archives en attendant le jour béni où je pourrai avoir une télé dans ma chambre (quant à savoir si oui, j’en ai eu une, réponse à l’épisode 35).
Bref, trêve de galéjade (je prône aussi le retour des mots tombés en désuétude comme galéjade, mijaurée, guenille et j’en passe)

Le film du jour est HAIRSPRAY.
Le vrai, l’unique (j’ai pas osé non plus regarder le remake avec Travolta et Pfeiffer), celui de John Waters, 1988 (bon 1988, pas ma meilleure année… Je partais vaillamment au collège, en 6e avec mes lunettes, mes bottines –au top de la mode de l’époque- et mon Tann’s sur le dos). John Waters, le cinéaste tapé et queer que j’affectionne tout particulièrement.

Depuis ma VHS a un peu souffert et j’ai investi dans le DVD.

Un film d’ado , toujours…
Seule différence, si vraiment cela fait une différence, c’est qu’il se passe dans le Baltimore des années 60…
Mon ami Jean (surnommé Jean-Relou car il vient de Montbéliard et qu’il sait l’être) et moi avons une théorie sur les ingrédients pour qu’un film soit bon. Il faut de la danse, des explosions et des hélicoptères. Je ne cache pas que nous n’avons encore jamais trouvé la perle rare qui cumule ces 3 critères. Donc en attendant, on regarde plein d’autres films. Dont Hairspray…

L’histoire est relativement simple. Baltimore donc (fief de Waters), 1962. Une ado, Tracy, grosse ou comme on dit maintenant en surpoids (effectivement, mais ça ne dérange que les autres en fait, pas elle) voudrait passer à la TV dans le « Cornie Collins Show » (c’est là que la danse apparaît).

Postulat de départ assez simpliste, mais bien moins qu’il n’y paraît…
On est au cœur des Etats-Unis, et attention ! il y a des Noirs (la mère de sa meilleure amie, Penny, s’évanouit d’ailleurs à la vision d’une personne de couleur), de la ségrégation (magnifique slogan qui rythme le film « segregation never, integration now », le tout sur une manif, mini-manif je vous l’accorde. Encore un sujet de société…), du sexe (la danse de ces gens là, au cœur des nights clubs, où l’on se touche, on s’effleure… Grrrr !), de la rébellion (Tracy traîne sa mère dans les magasins et lui dit « welcome to the 60’s »).

Une brochette de stars (Debbie Harry, faut-il encore la présenter ?, Sonny Bono, et oui, le Sonny de Sonny & Cher !), de la prison (oui monsieur !), des bas-fonds dans lesquels des gens se frottent (le rêve !), et j’en passe et des meilleures !

Une héroïne super potelée (sa rivale lui balance dans les dents « the show is not filmed in Cinemascope ! »), à laquelle je me suis relativement bien identifiée… Dans ma tendre jeunesse, j’étais la plus grande de toute ma classe (en hauteur, mais peut-être aussi en largeur…) et mon enveloppe corporelle a souvent été un problème pour moi (j’ai d’ailleurs encore un truc avec la bouffe, quand je déprime, je ne mange plus…). Que fallait-il de plus pour m’identifier à cette jeune fille pimpante, bien dans son corps, bien dans sa tête qui en plus réussit ce qu’elle entreprend (passer au Cornie Collins Show, danser au premier rang, gagner à l’applaudimètre et piquer le copain de la pimbêche à qui tout réussi, normalement…) ?

Son amie, toute maigrelette, qui tète une sucette pendant quasi tout le film, dont la mère est complètement jetée (pour sa punition, la copine en question est obligée de porter un pull avec un gros P tricoté dessus pour que tout le monde sache que « Penny Pingleton is Punished ». Quel châtiment audacieux !). A cette époque-là, mes parents étaient tout ce qu’il y de plus normal (enfin je crois), c’était juste des parents, tellement amoureux l’un de l’autre qu’ils zappaient un peu leurs rejetons. Rajoutez à cela le fait que mon père avait des idées très arrêtées sur les filles (pas macho ou misogyne, mais pas super loin non plus…) et que je suis l’aînée, donc celle qui essuie les plâtres, et on obtient une identification tout à fait plausible…

C’est également le premier film que j’ai vu avec Divine. Divine, comme son nom ne l’indique pas, est un homme, qui joue des rôles de femmes (surtout dans les films de Waters) et qui a passé l’arme à gauche juste après ce film-là.
Il joue deux rôles dans le film, la mère de Tracy et le directeur du parc d’attraction («Oooooh ! le directeur du parc d’attraction ! », on dirait cette phrase sortie d’un épisode de Scooby Doo)

Je trouve malgré tout que j’aurais du naître dans les années 50. Période post WW2, que de l’optimisme à perte de vue, du possible à portée de la main, le Rock’n’roll, le début de la technologie (la TV, ces Cadillac et autres Chevrolet et Corvettes). Dieu comme j’aurais aimé qu’on me courtise (aujourd’hui on « emballe », on « chope » voire on « pelote ») dans un drive-in en regardant des films comme La fureur de vivre ou A l’est d’Eden… [sigh]

Bref, un film avec une fin heureuse (encore) parce que ça fait du bien, un film « en costume », un film qui fait du bien au moral, qui fait sourire, voir rire, qui donne une irrépressible envie de danser (ma vie serait-elle une comédie musicale plutôt qu’une telenovela comme je me plaisais à le croire il y a peu ?), un film qui t’améliore ton anglais, te fait voir des gens Noirs, des parcs d’attraction et un applaudimètre (et ça c’est presque aussi bien que des explosions, de la danse et des hélicoptères)

samedi 26 février 2011

calife à la place du calife

Sans m'épancher sur ma vie, on va juste dire qu'en ce moment j'ai des opportunités (si tout le reste des participanst est moins que moi, of course) de peut-être monter en grade et devenir à mon tour CHEF.

Je ne suis pas carriériste pour 2 balles (francs, euros, kopecks, bahts ou autre encore) mais bon, je me dis "c'est maintenant ou jamais", "bouge toi le cul, dans quelques années, tu torcheras des gamins ou ta mère en fin de vie [réponse au choix, voire si pas de bol, réponse cumulable]"

Donc je me prends en main, je m'inscris à la prépa à Metz (validée par mes chefs, que je remplacerai un jour, qui sait ?) sans savoir que ça me desservirait plus qu'autre chose.
Et je tente de garder le moral au vu des notes désastreuses qui sont pour l'instant mon lot (2 devoirs ? 2 notes de merde, l'une étant le double de l'autre et cette une est tout juste la moyenne), des jours de congé qui sautent, des stages refusés, etc.

Le débat n'est pas là mais dans la question "si je suis chef, dois-je forcément ressembler à un dictateur pourri qui part en RTT en laissant les autres, le petit peuple, la plèbe, assumer les décisions que j'ai prises ?"
Vendredi, illustration parfaite de ce grand précepte...
Et pourtant j'ai refusé d'assumer pour lui, mais je n'ai pas eu le choix.
Et encore une fois ça remet tout en question...

J'ai choisi cette voie parce que je pensais justement qu'on n'était pas soumis au chiffre, au rendement, à la justification mais plutôt pour apporter un service public bordel ! un truc auquel tout le monde a droit. Alors oui, je ne donne pas un toit ni un repas, mais je fais rêver, voyage, j'informe, je cultive, je soutiens, j'aide, je communique, j'échange, je plaisante (même si certains lecteurs ne sont pas réceptifs à mon humour...)
Et ça, c'est pas vital ? y a des gens qui n'ont plus que ça, et ça doit rester LIBRE, obligatoire
Mais ça ne doit pas bouffer la vie, et malheureusement c'est entrain de bouffer la mienne...
Je n'en dors plus (avant je cogitais aussi, mais pour des trucs bien, motivants) et je me dis que si je deviens chef, je saurai ce que c'est d'être en bas et j'assumerai mes choix. 
A moins que, prise par l'ivresse du pouvoir, je me fasse moi aussi dépasser par la dimension inhumaine et happer par l'envie (humaine celle-là, malheureusement) égoïste de penser à soi d'abord.
Je crois que c'est le même schéma en politique.
Des beaux discours, des belles théories et une fois que tu accèdes aux rênes du pouvoir, tu deviens comme les autres : un horrible personnage.

Et moi, je ne veux pas devenir comme ça. 
Donc ptet finalement que je vais laisser mes beaux idéaux de côté et ne pas devenir chef.
Ou même changer de vie (j'avoue en ce moment cette idée ne m'effleure plus seulement, elle me colle à la peau, au cerveau).


Ah, incertitude, quand tu nous tiens..
Ca avait l'air plus simple la vie avant... (là, c'est la vieille qui parle ^^)

LISTE DE VILLES OU J'IRAIS BIEN VOIR SI L'HERBE EST PLUS VERTE :
Berlin
Freiburg (la ville où je voudrais vivre)
Reykjavik
Bruges
Amsterdam
Barcelone
Manchester

samedi 19 février 2011

KINOKRONIK #1

Film qui a l'honneur d'ouvrir la saison (qui comprendra peut-être un seul épisode, qui sait ?) : GENERATION 90.

Le film que j'ai vu plus d'une trentaine de fois, que je me targue de connaître quasi par coeur (et en VO s'il vous plait), le film que je regarde si je vais bien mais aussi si je vais mal.
je soupire et vibre avec les péripéties qui rythment ce film d'ado (un teen movie ds tt sa splendeur !). Seul bémol, les héros ne sont plus des teens (si on considère étymologiquement que les teens sont des djeuns dt l'âge va de 10 à 19 ans), mais des ado attardés dirons-nous aujourd'hui (des enfultes ?). Bref, des gens, qui viennent de finir leurs études et vont entrer (ou pas) dans le monde merveilleux de la vie active !
Bande de petits veinards ! non seulement ils vont avoir un travail, mais ils vont être adultes !
Bouh, le mot qui fait peur, le mot qu'il ne fallait pas prononcer...

Voilà ce en quoi je me reconnais... Cette peur de sauter vers les responsabilités.
Le titre en anglais est plus évocateur : "Reality bites", la réalité mord...(parce que le titre en français place bêtement le film dans le tps. Ca prend pourtant tout son sens pour moi, 1990 = 13 ans ! l'adolescence si j'en ai eu une... mais trouve son écho maintenant, dans cette adolescence là, celle que je vis maintenant ^^)

4 héros, tous différents (forcément), 2 gars, 2 filles (re-forcément), des parents absents ou démissionnaires (forcément évident).

* Un loser, enfin labellisé comme tel, guitariste dans un groupe (rock star !) ou juste quelqu'un qui place sa vie avant celle qu'on attend de lui ? Quelqu'un capable de citer du Shakespeare (c'est d'ailleur comme cela que j'ai eu envie d'en lire plus, des pièces et sonnets moins connus, et dans le texte) au détour d'une phrase, un créatif (un génie ?), quelqu'un qui vit dans le moment, dans l'instant... Celui que j'aimerais être... mais rattrappée par pleins de choses ce n'est pas le cas, au moins pas autant que je le voudrais et ça m'attriste.


* Une coureuse (on appelerait ça comme ça je pense), qui note au petit matin, une fois son amant du soir parti, le nom de celui-ci dans un calepin, avec la date (elle en est à 36. Est-ce bcp ? bcp donner de sa personne ? y a-t-il un bon chiffre ? qualité VS quantité -on n'en est pas encore là heureusement. Découvrir des gens différents ou s'investir dans une relation à deux ?) qui découvre les joies de la promotion et des responsabilités qui vont avec... Une vie "dissolue" et un test VIH plus tard, voilà ce qui nous/vous guette...

* un homo, discret, mais qui n'a pas encore fait son coming-out à ses parents. Dur morceau, forcément. Je le prends comme une métaphore pour affirmer sa vie, ses choix à ses géniteurs (ou tout autre forme de personne à qui moralement on doit quelque chose) et c'est pas tjs facile. Dire à ses parents/profs/patrons : "c'est fini ! je veux faire autre chose de ma vie !" "j'aime quelqu'un de Noir/musulman/du même sexe que moi" (rayez la mention inutile)

* et pour finir, l'héroïne (même si ces 4 personnages sont des facettes du HEROS unique finalement) de cette tranche de vie. Lelaina Pierce (ça a longtemps été un prénom potentiel pour la fille que je n'aurai peut-être jamais), fifille à papa (merci la carte de la station service qui permet de survivre quand on est au chômage), héritière d'une famille de divorcés (là encore, je m'y retrouve. Non pas que mes parents soient divorcés, mais mon père est allé taquiner les nuages et ma mère ne s'en remet tjs pas, 6 ans après). Caméra au poing, elle capture le quotidien, les interrogations, les attentes, les déceptions, les joies de ses contemporains à travers sa vie et celle de ses 3 potes. C'est son testament d'une génération perdue (autre film intéressant), qui tangue entre le doute (tout à fait de circonstances en ces jours de manifestations étudiantes) et l'espoir.
Une rencontre avec un jeune cadre dynamique (Ben Stiller, tout à fait à contre-rôle. C'est d'ailleurs ds ce film que je l'ai découvert avant de prendre pleine mesure de son potentiel potache) et la gloire, la fortune et la renommée sonnnent à sa porte.
Mais également peut-être la trahison de ce en quoi elle croyait.
Je ne vais pas conspuer le grand capitalisme, j'en fais partie en tant que fonctionnaire (sécurité de l'emploi, glande, salaires mirobolants, blabla...) mais parfois, c'est se vendre à l'ennemi ou du moins céder à la facilité (je revis presque la discussion de hier après-midi au resto à propos d'un livre de photo...).
Elle se fait virer et trouve réconfort dans des discussions sans fin avec qq du bout du monde (de les Etats-Unis pour elle)... et là se pose la question des amis... des vrais... ils sont rares, appréciables, là quand ca va mal, on sait toujours quoi leur raconter même si on ne s'est pas vus depuis longtemps, ce sont eux qui seront là quand ça ira mal, très mal. Pas les autres.

Bon, une happy end (il faut bien ça, sinon tout le monde se tire une balle au bout d'1h30 de film), sur laquelle je pousse un soupir, un soupir qui veut tout dire "je le savais !", "la chaaaaaannnnnnce", ou encore "moi aussi je vis ça aujourd'hui"

Bref, un film avec des vrais morceaux d'émotions dedans, même si super manichéen mais parfois c'est bien aussi, on sait tous que la vie n'est ni noire ni blanche, mais de millions de teintes de gris... Parfois, on n'a juste pas envie qu'on nous rappelle que tout est fluctuant et tangent, et le n. et bl. (aka bien VS mal, gentils VS méchants) sied bien à une évidence utopique dont tout le monde a, je pense, besoin...



OST de KK#1 : Band of horses / Belle époque / Blink 182 (une OST en B !)

jeudi 17 février 2011

course poursuite

on court toujours après quelque chose...
Ca m'a frappé il y a peu quand j'ai tilté sur la date. En soi, on s'en fout de la date : le 14/02 (rien à cogner de la St Valentin ou autre occasion pseudo romantique)
Ce qui m'a fait peur c'est que ça fait 6 mois.
6 mois que j'ai entamé le reste de ma vie (ou de ma nouvelle vie dirons-nous)
Un bilan depuis ?
un appart à la grande ville en cours de bricolage
une coloc
un homme
un nouveau chat
un chien à 3/4 temps
un boulot prenant, passionnant, usant

mais aussi, et encore (et heureusement) des révélations, des envies, des espoirs,
des coups de coeur, des coups de speed, des coups de blues

et je vois le temps qui avance inexorablement, les mois qui s'égrènent, les semaines qui passent, les jours qui se vivent, avec toujours une pointe d'intensité (dramatique, sentimentale ou joyeuse).

Pause !
Juste envie de temps en temps d'appuyer sur pause, comme si ma vie était un magnétoscope vintage et prendre le temps. Le temps de savourer plus, de découvrir plus, de vivre plus.
Malheureusement difficilement conciliable avec les "oui" que je donne à tour de bras (ou qu'il distribue également avec la même facilité et spontanéité que moi) et qui parfois font qu'on se perd. Pas de vue, mais de toucher et de partage...
et dans ces moments-là, j'ai des envies égoïstes d'être au coeur de ses actes, de ses attentions, de ses réalisations, devenir sa muse, sa motivation, son réconfort, son oeil critique.
Et l'égoïsme s'en va, comme il est venu, il s'évapore, il fuit.
Et je savoure ce qu'on partage et que personne ne sait ou ne soupçonne.

Cela vient surement du fait que j'ai vécu avec quelqu'un avant qui ne me voyait plus, savait que j'étais là, forcément mais oubliait de me le dire, de me le faire comprendre...

Je le sais, je le sens, je le comprends désormais.
Mais parfois, j'ai besoin qu'on me le rappelle. Surtout quand ça ne va pas trop
Comme à cette date du 14/02, où je n'attendais pas une rose, mais une réponse à mon avenir professionnel (Dieu que cette phrase fait adulte ! Je m'effraye moi même).
Et là j'ai compris en arrachant une page de mon éphéméride magique (avec des vrais morceaux de magiciens, de femmes tranchées en deux et de lévitation), que le temps file !
Et que j'ai intérêt à enfiler mes baskets fissa pour ne pas me laisser trop distancer !

LISTE DE COULEURS AUX NOMS QUI FONT VOIR ROUGE :
Garance
Grenat
Cardinal
Cerise
Pourpre
Nacarat

mardi 8 février 2011

D'un canard nommé Elvis et autres considérations...

J'ai 33 ans.
Je pense avoir battu le Christ parce que je semble bien partie pour voir fleurir mes 34 printemps (ou faner mes 33 hivers, ça dépend du point de vue)...
anneh 1 / Jesus 0

J'ai jamais vraiment réussi à projeter ce que je deviendrai une fois cet âge canonique à ma porte.
Bah, sauf des conneries. Forcément !
Je fais rire tout le monde quand je clame haut et fort "quand je serai grande j'aurai une Kangoo" (ce qui est une chose que, réellement, je verrai bien arriver dans ma vie).
Bon, je voudrais aussi un canard qui s'appelle ELVIS (un vrai, un qui beugle "coin-coin" dans le jardin).
Celui-ci j'ai failli l'avoir pour mes 30 ans de la part d'amis qui ne me prennent pas entièrement pour une folle. Mais la grande censure a frappé, en la personne de celui avec lequel je vivais, qui les a menacés de représailles corporelles odieuses (je pense, car il fallait au moins ça pour qu'ils renoncent à leur projet).

Résultat des courses :
un âge avancé (dans le sens où, dixit les magazines féminins, ça fait une quinzaine d'années que je devrais me tartiner la tronche d'anti-rides) et pas de canard, ni de Kangoo...
Normal, d'un côté, je ne me sens pas encore adulte.

Hier soir, dans mon lit, impossible de dormir.
Une sensation horrible et pourtant familière : le coeur qui se fait broyer par une main venue d'on-ne-sait-où.
L'angoisse...
Le désespoir...
La même sensation que celle qui m'empêchait de dormir étant gamine parce que je paniquais devant la mort, la mienne (mais bon, c'est assez difficile à s'imaginer vers 7-8 ans) et celle de mes parents (NDLR : depuis c'est fait, je pavane avec un score de 1/2 parents vivants, si on peut en parler comme ça...), du vide que cela provoquerait, de ce que je deviendrais, mes sensations, mes émotions, tout (il me semble qu'à l'époque, la potentielle disparition de mon frère m'aurait plutôt remplie de joie).

Hier soir, donc, ces mêmes impressions, ce même désarroi, cette même noyade au milieu de mes draps autour d'une question, d'une seule :
"suis-je devenue quelqu'un de bien ?"

J'ai tenté de poser la question à l'homme à côté de moi, mais à l'interrogation préalable "je peux poser une question bête ?", car j'étais sûre que c'est comme ça qu'il la voyait cette question, il m'a dit dans un demi-sommeil "non".
J'ai donc tout gardé pour moi.

Etre quelqu'un de bien (mon Dieu, on dirait le titre d'une chanson française déprimante !), voilà finalement ce que je voudrais quand je serai grande.

"bien", ça n'a aucun rapport avec l'argent (j'incarne aujourd'hui, malgré moi, le grand capitalisme), ni la beauté (je ne m'aime pas, c'est un fait. D'autre mes trouvent jolie, je pense, j'espère...), ni l'humour (que j'ai praticulièrement graveleux) ou ce qu'on appelle communément l'intelligence (je trouve des mots improbables mais justes au BOGGLE).
Je dirai "bien" au sens de "wertvoll" (ah, merci l'allemand pour réussir à traduire ce que je ressens), c'est à dire "précieux", "avec de la valeur".

Quelqu'un qu'on est content, fier de connaître, d'avoir rencontré, de voir tous les jours, de vivre avec...

Et c'était cette question-là, cette angoisse, cette panique qui avait besoin d'une réponse hier soir (malheureusement, le sommeil a agi contre moi) et qui m'a fait passé une nuit inoubliable, partagée entre l'envie de me lever et de créer toutes les choses que j'ai dans la tête et que je n'arrive pas à exprimer comme je le voudrais ou de sortir courir pour me vider le corps, la tête, le coeur, ou l'initiative de sécher mes larmes et de dormir pour réussir à me lever pour aller au boulot (qui est en grande partie responsable de ces états d'âme), ou encore le besoin de réveiller l'homme pour avoir une réponse, un baiser, une étreinte.

Je m'arrêterai là parce que je n'ai toujours pas de réponse...
Suis-je quelqu'un de bien ?
Peut-être.

Je vais rester, pour ma survie, dans l'illusion (réelle, qui sait ?) que oui, je le suis. Ou je le suis en devenir (la fameuse note "12, ce qui est bien, mais pas top")

Et dire à la personne  qui partage pas mal ma vie en ce moment que je trouve que lui est quelqu'un de bien, à mes yeux. Quelqu'un à côté duquel il eût été dommage de passer...
Et pour ça, je suis contente d'avoir 33 ans :o)

LISTE IMPROMPTUE DE PRENOMS FEMININS QUI AUGURENT UNE VIE EXCEPTIONNELLE :
Constance
Clémence
Céleste
Garance
Ava

dimanche 6 février 2011

Hardcore musette et tarte aux quetsches

NDLR : ce titre de post est hautement racoleur et totalement faux, au moins pour toi lecteur car de hardcore musette, il n'en sera point question et de tarte aux quetsches, tu n'en verras pas la couleur mordorée car mon estomac sera passé par là.
Mais n'hésite pas à retenter ta chance ^_^

Un appart enfin un peu plus calme.

Les chattes ronflent (forcément, avoir pris ma nappe pour une piste de slide toute la matinée, ça épuise !), le chien sursaute et jappe du haut de son canap à chaque bruit dans le hall d'entrée (et ça en fait, on est au RDC), le four fait son office et cuit ce qui devrait donner une tarte aux quetsches vegan qui tue sa mère (si ça marche) et pendant ce temps là, je trie les mp3 qui traînent sur mon dur.

Jamais eu vraiment le temps de tout écouter, et une source intarissable de nouveautés (j'ai nommé "mon travail"), donc on remercie les logiciels de rip qui permettent en un tour de main de transformer une galette qui brille en fichiers virtuels à coller sur ton Ipod (si comme moi tu es un sale bourgeois de merde ou tout simplement l'heureux bénéficiaire d'un cadeau de Noël / Anniversaire / Pâques -rayez la mention inutile - beau, reconnaissons-le et technologique).

Le seul hic c'est que sur mon Ipod, il n'y a que des mp3 de choses que je connais et que j'aime, une playlist faite selon mon humeur (celle qui vit actuellement dans le lecteur mp3 est plutôt morose car non actualisée depuis décembre de l'année dernière, cad 2010 !) et pas en faisant "plouf-plouf, pique nique douille c'est toi l'andouille" d'un doigt accusateur sur mon écran pour savoir qui aura l'honneur voire le privilège de figurer dans la test-list de cette semaine !

Comment donc vidanger ton disque dur qui s'emplit de chansons dont tu avais oublié jusqu'à l'existence, à quoi ressemble la pochette et surtout le pourquoi du comment ces mp3 se sont retrouvés sur ton dur ?

Périodiquement donc, ça me toque et je teste quelques dossiers aux noms vendeurs ou évocateurs. Mais ça devient malheureusement rare.
Je traîne sur pas mal de blogs musicaux ou en rapport avec la musique car tenus par des gens qui vivent dedans, avec, autour ou juste qui aiment ça.
Et la curiosité étant femme (paraît-il, hein ?), dès qu'il y a un lien ou une évocation d'un nom inconnu au bataillon, je clique !
Et je T-E-L-E-C-H-A-R-G-E (chut ! Des gens pourraient nous entendre ou nous lire !) et j'en rajoute dans la liste "à écouter".
Sans compter les amis bien intentionnés qui te bombardent de "tu devrais écouter ça" et hop ! Tu es submergé(e) et la masse de choses à écouter te décourage avant même que tu commences.
Et les concerts où tu vas juste parce que tu ne sais pas quoi faire d'autre ou parce que c'est organisé par des copains ou pour d'autres raisons totalement fallacieuses encore, et tu fais la découverte du jour / semaine / mois / année / décennie / siècle !

Parfois aussi tu fais des découvertes étranges : les choses ne sont pas comme tu les croyais (David Vincent les a vus !). Un groupe que je soupçonnais (et Dieu seul sait pourquoi d'ailleurs) plus être metal (qui tâche) se révèle avoir quelques chansons "simon and garfunkelesques" et derrière moi, alors que j'énonçais ce constat perso à voix haute j'entends "ça me dit quelque chose... CE serait pas plutôt metal symphonique ?"
Bref, à n'y rien comprendre !!!!

Et je m'égare tout doucement dans le fil de ma démonstration, mais le flot de ma pensée et mon stylo rouge (j'ai gratouillé sur un bloc tout neuf avant de me rendre compte que j'avais vraiment une écriture ... "intéressante", cad un peu dégueulasse et illisible) me poussent vers d'autres considérations.

Sans compter mes CD que j'ai gaiement empilés dans ma chambre en 5 ou 6 hautes piles vacillantes et fragiles en priant pour ne jamais vouloir retrouver un truc dans le livret de celui qui est vraiment en bas de la pile 4 (chose infaisable en ne déplaçant qu'un élément) ;

ni mes vinyls qui frémissent sur l'étagère près de la platine de ma jeunesse (récup de 2x la même chaine, merci Maman, merci Grand-maman) en attendant d'être sortis de leurs pochettes bariolées et d'exhiber fièrement leurs couleurs bigarrées sur la platine fraichement munie de son petit plumeau qui précède le saphir afin de garantir une meilleure écoute)

Et je n'ai pas pipé mot à propos de mes K7 audio qui dorment dans un tiroir de meuble, les originales achetées avec mon argent de poche durement économisé et les originales car faites maison avec leurs collages et autres ornements plus ou moins réussis dessus...


Ben voila, avec toutes ces conneries de phrases qui ne font ni avancer le schmilblick ni revenir Mike Brant, mais m'ont fait du bien, ma tarte est prête et je vais retourner écouter exactement ce que j'écoute habituellement en ce moment (merci Dieu d'avoir créé Deezer pour que je puisse également le savourer au boulot), la BO du reste de ma vie :



LISTE IMPROMPTUE DES MEILLEURS TITRES DE CHANSONS AUXQUELLES JE PENSE JUSTE MAINTENANT :
* he hit me (& it felt like a kiss) / The Crystals
* La danse est finie, les masques tombent / Belle Epoque
* Mythen sollen Mythen bleiben / Defdump
* Where's my mind ? / Pixies
et pour le fun le plus complet
* Half-eaten sausage would you like to see you in his office / The Locust