Comme une lame de fond une main anonyme vient encercler mon coeur et le serrer comme un gadget anti-stress.
L'angoisse, le vide, l'inconnu, cette sensation qui me fait paniquer en hauteur pour cause de vertige refait surface et extrait de mes yeux grands ouverts quelques gouttes d'eau salée.
Je devrais dormir à poings fermés comme celui qui est couché dans mon dos et dont la respiration forte et tranquille rythme le silence. Ou m'endormir, commencer à sombrer dans cet état cotonneux semi-conscient où tout paraît plus calme, plus serein, plus facile et dans lequel les rêves les plus fous reprennent leurs droits et te font vivre des choses improbables, tant affreuses que magnifiques...
Et je n'y arrive pas.
Je fixe sous le store la lumière allumée de l'autre côté de la rue alors que je n'arrive pas à endiguer le flot de questions qui vienennt envahir ma tête et mon coeur.
Qu'est ce que je fais ?
Sommes-nous réellement maîtres de notre propre vie ?
Les gens sont-ils destinés les uns aux autres ou les rencontres sont-elles le fruit du hasard ?
Ceux avec lesquels on a vécu des moments forts, des instants engagés, passionnés, fous, sont-ils nos homards ?
La théorie du homard (selon un ami à moi) est un truc qui réveille et fait vibrer ton côté fleur bleue mais peut aussi t'enterrer six pieds sous terre si jamais ton homard s'est fait la belle avec une autre écrevisse...
Donc selon cette théorie, le homard n'a au cours de sa vie qu'un seul compagnon.
Et j'y ai cru au homard, j'ai eu foi en lui, je m'en suis étourdie lorsque cela allait mal...
Mais maintenant retour de boomerang :
Je me demande si lui aussi a son homard quelque part, et si oui, ce n'est surement pas moi.
Malheureusement...
Et ça réenclenche de plus belle la machine à cogiter qui se trouve dans ma tête.
Le sommeil a finalement vaincu à un moment ou un autre.
Mais ce matin dans le train, après un contrôle d'identité j'ai un goût amer dans la bouche et une fêlure dans le coeur...
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