mardi 8 février 2011

D'un canard nommé Elvis et autres considérations...

J'ai 33 ans.
Je pense avoir battu le Christ parce que je semble bien partie pour voir fleurir mes 34 printemps (ou faner mes 33 hivers, ça dépend du point de vue)...
anneh 1 / Jesus 0

J'ai jamais vraiment réussi à projeter ce que je deviendrai une fois cet âge canonique à ma porte.
Bah, sauf des conneries. Forcément !
Je fais rire tout le monde quand je clame haut et fort "quand je serai grande j'aurai une Kangoo" (ce qui est une chose que, réellement, je verrai bien arriver dans ma vie).
Bon, je voudrais aussi un canard qui s'appelle ELVIS (un vrai, un qui beugle "coin-coin" dans le jardin).
Celui-ci j'ai failli l'avoir pour mes 30 ans de la part d'amis qui ne me prennent pas entièrement pour une folle. Mais la grande censure a frappé, en la personne de celui avec lequel je vivais, qui les a menacés de représailles corporelles odieuses (je pense, car il fallait au moins ça pour qu'ils renoncent à leur projet).

Résultat des courses :
un âge avancé (dans le sens où, dixit les magazines féminins, ça fait une quinzaine d'années que je devrais me tartiner la tronche d'anti-rides) et pas de canard, ni de Kangoo...
Normal, d'un côté, je ne me sens pas encore adulte.

Hier soir, dans mon lit, impossible de dormir.
Une sensation horrible et pourtant familière : le coeur qui se fait broyer par une main venue d'on-ne-sait-où.
L'angoisse...
Le désespoir...
La même sensation que celle qui m'empêchait de dormir étant gamine parce que je paniquais devant la mort, la mienne (mais bon, c'est assez difficile à s'imaginer vers 7-8 ans) et celle de mes parents (NDLR : depuis c'est fait, je pavane avec un score de 1/2 parents vivants, si on peut en parler comme ça...), du vide que cela provoquerait, de ce que je deviendrais, mes sensations, mes émotions, tout (il me semble qu'à l'époque, la potentielle disparition de mon frère m'aurait plutôt remplie de joie).

Hier soir, donc, ces mêmes impressions, ce même désarroi, cette même noyade au milieu de mes draps autour d'une question, d'une seule :
"suis-je devenue quelqu'un de bien ?"

J'ai tenté de poser la question à l'homme à côté de moi, mais à l'interrogation préalable "je peux poser une question bête ?", car j'étais sûre que c'est comme ça qu'il la voyait cette question, il m'a dit dans un demi-sommeil "non".
J'ai donc tout gardé pour moi.

Etre quelqu'un de bien (mon Dieu, on dirait le titre d'une chanson française déprimante !), voilà finalement ce que je voudrais quand je serai grande.

"bien", ça n'a aucun rapport avec l'argent (j'incarne aujourd'hui, malgré moi, le grand capitalisme), ni la beauté (je ne m'aime pas, c'est un fait. D'autre mes trouvent jolie, je pense, j'espère...), ni l'humour (que j'ai praticulièrement graveleux) ou ce qu'on appelle communément l'intelligence (je trouve des mots improbables mais justes au BOGGLE).
Je dirai "bien" au sens de "wertvoll" (ah, merci l'allemand pour réussir à traduire ce que je ressens), c'est à dire "précieux", "avec de la valeur".

Quelqu'un qu'on est content, fier de connaître, d'avoir rencontré, de voir tous les jours, de vivre avec...

Et c'était cette question-là, cette angoisse, cette panique qui avait besoin d'une réponse hier soir (malheureusement, le sommeil a agi contre moi) et qui m'a fait passé une nuit inoubliable, partagée entre l'envie de me lever et de créer toutes les choses que j'ai dans la tête et que je n'arrive pas à exprimer comme je le voudrais ou de sortir courir pour me vider le corps, la tête, le coeur, ou l'initiative de sécher mes larmes et de dormir pour réussir à me lever pour aller au boulot (qui est en grande partie responsable de ces états d'âme), ou encore le besoin de réveiller l'homme pour avoir une réponse, un baiser, une étreinte.

Je m'arrêterai là parce que je n'ai toujours pas de réponse...
Suis-je quelqu'un de bien ?
Peut-être.

Je vais rester, pour ma survie, dans l'illusion (réelle, qui sait ?) que oui, je le suis. Ou je le suis en devenir (la fameuse note "12, ce qui est bien, mais pas top")

Et dire à la personne  qui partage pas mal ma vie en ce moment que je trouve que lui est quelqu'un de bien, à mes yeux. Quelqu'un à côté duquel il eût été dommage de passer...
Et pour ça, je suis contente d'avoir 33 ans :o)

LISTE IMPROMPTUE DE PRENOMS FEMININS QUI AUGURENT UNE VIE EXCEPTIONNELLE :
Constance
Clémence
Céleste
Garance
Ava

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