samedi 19 février 2011

KINOKRONIK #1

Film qui a l'honneur d'ouvrir la saison (qui comprendra peut-être un seul épisode, qui sait ?) : GENERATION 90.

Le film que j'ai vu plus d'une trentaine de fois, que je me targue de connaître quasi par coeur (et en VO s'il vous plait), le film que je regarde si je vais bien mais aussi si je vais mal.
je soupire et vibre avec les péripéties qui rythment ce film d'ado (un teen movie ds tt sa splendeur !). Seul bémol, les héros ne sont plus des teens (si on considère étymologiquement que les teens sont des djeuns dt l'âge va de 10 à 19 ans), mais des ado attardés dirons-nous aujourd'hui (des enfultes ?). Bref, des gens, qui viennent de finir leurs études et vont entrer (ou pas) dans le monde merveilleux de la vie active !
Bande de petits veinards ! non seulement ils vont avoir un travail, mais ils vont être adultes !
Bouh, le mot qui fait peur, le mot qu'il ne fallait pas prononcer...

Voilà ce en quoi je me reconnais... Cette peur de sauter vers les responsabilités.
Le titre en anglais est plus évocateur : "Reality bites", la réalité mord...(parce que le titre en français place bêtement le film dans le tps. Ca prend pourtant tout son sens pour moi, 1990 = 13 ans ! l'adolescence si j'en ai eu une... mais trouve son écho maintenant, dans cette adolescence là, celle que je vis maintenant ^^)

4 héros, tous différents (forcément), 2 gars, 2 filles (re-forcément), des parents absents ou démissionnaires (forcément évident).

* Un loser, enfin labellisé comme tel, guitariste dans un groupe (rock star !) ou juste quelqu'un qui place sa vie avant celle qu'on attend de lui ? Quelqu'un capable de citer du Shakespeare (c'est d'ailleur comme cela que j'ai eu envie d'en lire plus, des pièces et sonnets moins connus, et dans le texte) au détour d'une phrase, un créatif (un génie ?), quelqu'un qui vit dans le moment, dans l'instant... Celui que j'aimerais être... mais rattrappée par pleins de choses ce n'est pas le cas, au moins pas autant que je le voudrais et ça m'attriste.


* Une coureuse (on appelerait ça comme ça je pense), qui note au petit matin, une fois son amant du soir parti, le nom de celui-ci dans un calepin, avec la date (elle en est à 36. Est-ce bcp ? bcp donner de sa personne ? y a-t-il un bon chiffre ? qualité VS quantité -on n'en est pas encore là heureusement. Découvrir des gens différents ou s'investir dans une relation à deux ?) qui découvre les joies de la promotion et des responsabilités qui vont avec... Une vie "dissolue" et un test VIH plus tard, voilà ce qui nous/vous guette...

* un homo, discret, mais qui n'a pas encore fait son coming-out à ses parents. Dur morceau, forcément. Je le prends comme une métaphore pour affirmer sa vie, ses choix à ses géniteurs (ou tout autre forme de personne à qui moralement on doit quelque chose) et c'est pas tjs facile. Dire à ses parents/profs/patrons : "c'est fini ! je veux faire autre chose de ma vie !" "j'aime quelqu'un de Noir/musulman/du même sexe que moi" (rayez la mention inutile)

* et pour finir, l'héroïne (même si ces 4 personnages sont des facettes du HEROS unique finalement) de cette tranche de vie. Lelaina Pierce (ça a longtemps été un prénom potentiel pour la fille que je n'aurai peut-être jamais), fifille à papa (merci la carte de la station service qui permet de survivre quand on est au chômage), héritière d'une famille de divorcés (là encore, je m'y retrouve. Non pas que mes parents soient divorcés, mais mon père est allé taquiner les nuages et ma mère ne s'en remet tjs pas, 6 ans après). Caméra au poing, elle capture le quotidien, les interrogations, les attentes, les déceptions, les joies de ses contemporains à travers sa vie et celle de ses 3 potes. C'est son testament d'une génération perdue (autre film intéressant), qui tangue entre le doute (tout à fait de circonstances en ces jours de manifestations étudiantes) et l'espoir.
Une rencontre avec un jeune cadre dynamique (Ben Stiller, tout à fait à contre-rôle. C'est d'ailleurs ds ce film que je l'ai découvert avant de prendre pleine mesure de son potentiel potache) et la gloire, la fortune et la renommée sonnnent à sa porte.
Mais également peut-être la trahison de ce en quoi elle croyait.
Je ne vais pas conspuer le grand capitalisme, j'en fais partie en tant que fonctionnaire (sécurité de l'emploi, glande, salaires mirobolants, blabla...) mais parfois, c'est se vendre à l'ennemi ou du moins céder à la facilité (je revis presque la discussion de hier après-midi au resto à propos d'un livre de photo...).
Elle se fait virer et trouve réconfort dans des discussions sans fin avec qq du bout du monde (de les Etats-Unis pour elle)... et là se pose la question des amis... des vrais... ils sont rares, appréciables, là quand ca va mal, on sait toujours quoi leur raconter même si on ne s'est pas vus depuis longtemps, ce sont eux qui seront là quand ça ira mal, très mal. Pas les autres.

Bon, une happy end (il faut bien ça, sinon tout le monde se tire une balle au bout d'1h30 de film), sur laquelle je pousse un soupir, un soupir qui veut tout dire "je le savais !", "la chaaaaaannnnnnce", ou encore "moi aussi je vis ça aujourd'hui"

Bref, un film avec des vrais morceaux d'émotions dedans, même si super manichéen mais parfois c'est bien aussi, on sait tous que la vie n'est ni noire ni blanche, mais de millions de teintes de gris... Parfois, on n'a juste pas envie qu'on nous rappelle que tout est fluctuant et tangent, et le n. et bl. (aka bien VS mal, gentils VS méchants) sied bien à une évidence utopique dont tout le monde a, je pense, besoin...



OST de KK#1 : Band of horses / Belle époque / Blink 182 (une OST en B !)

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